Souvenirs Indiens… Part#1 – Le choc d’un autre monde.

Souvenirs Indiens… Part#1 – Le choc d’un autre monde.

7 avril 2008 – Départ pour New Delhi!

Avec un retard de 45 min le jet de la Lufthansa décolle pour rejoindre Munich via Nice et le survol complet des Alpes enneigées sous le soleil. Magnifique spectacle d’1h45.

Atterrissage sur le tarmac, 4°C. Découverte stressée de l’immensité de l’aéroport de Munich. Where is the Gate H44??? L’embarquement se fait lentement mais surement… Il fait nuit, ça parle allemand, anglais, hindi… Décollage!

C’est parti pour 7h de vol via Bucarest, the Black Sea, Tbilissi, la mer Caspienne, les puits de pétrole qui brûlent dans le désert tels de puissants phares oranges dans l’absolu néant. Passage au sud de Kaboul. Le jour se lève sur le Pakistan. L’Inde m’apparait enfin tel un immense carrelage de tomettes cassées, usées dépareillées…

Tout d’un coup, sans prévenir, Delhi surgit. Immense, infinie, la ville blanche s’impose.

DelhiFromTheSky - 2008
DelhiFromTheSky – 2008

Atterrissage réussit. Une odeur d’encens envahit la cabine. Il fait chaud. Il est 7h20 heure locale, 3h50 heure de moi… 400 voyageurs épuisés par cette courte nuit se tassent pour passer l' »immigration control » assuré par 2 officiers dans un aéroport en travaux où il fait 45°C.

L’officier de l’immigration me drague… Le ton est donné. WELCOME TO INDIA!

Récupération de ma valise maltraitée au milieu d’un contingent de casques bleus indiens. Change au Thomas Cook, l’administration régulière présente n’ayant aucune envie de travailler. 18400 roupies en coupures de 100… Pour moi qui n’aime pas le liquide, tout va bien, je vais gérer!

8 avril 2008 – Arrivée à Delhi!

Sortie de l’aéroport international, je retrouve mon amie après m’être faite quasi agressée par les taxis. Je ne réalise pas où je suis et elle m’entraine vers les taxis prépayés (conseils pour l’aéroport de New Delhi).

Direction Malviya Nagar. Le petit taxi noir, sans ceintures, sorti tout droit des années 20 ou 30, roule à toute allure entre voitures, vaches, piétons, rickshaw, vélos, camions… sur une route défoncée. ON VA MOURIR. C’est sûr! Il n’y a que 2 règles dans le code de la route indien: le feu rouge (parfois) et le klaxon. Tu klaxonnes, tu fonces et tu t’imposes. Bordel indescriptible et pourtant imperceptiblement organisé. J’ai très peur. Entré dans Delhi, frappée par la saleté indescriptible des rues, le chaos, les odeurs, le bruit… Les vaches sacrées qui mangent les ordures sur la route… Arrivée à destination. Les ruelles parsemées d’ordures sont de terre battue. Il fait une chaleur à crever. Nous nous faisons reluquer avec une insistance très dérangeante. Exacerbation des sens: odorat, ouïe, vue, toucher, goût. Ce monde est fou. Les hommes sont des chiens en rut, dégueulasse… Faire abstraction et se concentrer sur la route sur laquelle on est contrainte de marcher car les trottoirs sont quasi inexistants et encombrés d’ordures. Et sur la route, tous les moyens de circulation se cotoyent dans un concert infernal de klaxons.

Respect, politesse, civisme. Ces notions n’existent pas ici, en tout cas pas au sens où les occidentaux les entendent. J’ai perdu le moindre de mes repères.

Direction Khan Market. Je m’éclate dans le rickshaw oubliant volontairement que c’est notre vie qui est en jeu. Je ne pourrai jamais conduire ici. Le quartier est un peu plus touristique et je me sens légèrement moins oppressée. Mais je garde en tête le souvenir amer de ces gosses des rues qui nous ont sauté dessus au feu rouge, se battant pour la dose de ketchup qu’il restait dans la boite à sandwich vide qu’ils nous ont arraché. Et cette petite fille s’accrochant à moi, qui a failli se faire écraser quand le feu est repassé au vert..

9 avril 2008 – Première nuit.

Première nuit indienne. J’ai chaud. Mais ce n’est pas le pire. Dehors, c’est la guerre. La guerre des chiens. Des milliers de chiens errants, pouilleux, aboient à mort. Il se passe des choses bizarres la nuit. C’est violent et l’angoisse me surprend. 7h ou 8h du matin et c’est au tour des marchands ambulants de te réveiller en hurlant « TAMARÉÉÉÉÉ ».

CONNAUGHT PLACE.

Des échopes et boutiques à n’en plus finir, des très belles choses aux horreurs. Un beau quartier, vestige de la colonie anglaise mais également (et surtout) un centre de pauvreté extrème. Femmes, enfants, vieillards, lépreux, infirmes s’aglutinent autour de toi, te touchent, t’attrapent, te suivent… Je perds le contrôle, je perds pied… Et en même temps je m’épate moi-même. Mais l’ambiance, le stress, la chaleur, l’excitation, la colère, le dépit et la soif me tournent la tête. Il faut fuir. Dans le rickshaw à l’arrêt, une femme avec un bébé me touche pour avoir à manger. Je n’ai rien à manger. Elle s’humilie posant son visage sur ma cuisse. Pourquoi fait-elle ça? Je suis choquée. Tout me dépasse. Je veux pleurer. Je ne suis pas ce qu’elle croit que je suis. Je ne gère plus rien. Rentrer.

Je me sens « lost in translation« . Epiée par tous comme une bête de foire ou un objet de convoitise selon le sexe et l’âge. J’ai l’impression d’être la plus belle pute du quartier…

To be continued…

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